Archéologie, 300 tombes découvertes en Creuse.

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A Saint-Hilaire, la campagne de fouilles 2015 a confirmé les précédentes. Elle a surtout permis d’affiner la connaissance d’un site complexe sur lequel une église mérovingienne a remplacé un mausolée gallo-romain.

La campagne de fouilles de l’été 2015 s’est avérée fructueuse. Elle récompense pour Jacques Roger (Service régional d’archéologie du Limousin) des années d’efforts. Pendant trois semaines, il a dirigé les fouilles des vestiges de l’ancienne église de Saint-Hilaire, sur les hauteurs du bourg de Moutier-Rozeille.

Quelque 300 tombes découvertes
Ainsi, cet été, le patient travail mené, été après été, par de jeunes archéologues s’est poursuivi. Une cinquantaine de tombes, dont une majorité de sépultures modernes, a été fouillée. Certaines remontent au haut Moyen-Age, dont trois avec une orientation Nord-Sud. Le travail mené sur le mur de la nef a été également poursuivi, permettant de dégager au total cinq mètres et de découvrir un sarcophage situé juste à l’extérieur de la nef. Les archéologues ont mis au jour une tombe comportant un mobilier fourni avec chapelets, alliances, crucifix, médailles et boutons en bronze. Jacques Roger a recensé une trentaine de tombes destinées à des nouveau-nés, ce qui atteste d’une forte mortalité infantile.

Au fil des étés, près de 300 tombes ont ainsi été fouillées. « Nous avons découvert des squelettes montrant que des individus inhumés sur ce site ont beaucoup souffert. Nous sommes sans doute aussi en présence d’un bossu », note le responsable creusois du SRA (Service régional d’archéologie du Limousin) qui ajoute que la campagne 2015 a confirmé les résultats des précédentes. On sait désormais qu’une église mérovingienne a été érigée à l’emplacement d’un mausolée gallo-romain dont il reste des vestiges en gros appareil de granit. Le site de Saint-Hilaire, actif jusqu’au XIXe siècle, a connu une phase d’oubli jusqu’aux dernières années du XXe siècle même si, en 1916, Georges Nétange en soulignait, avec clairvoyance, l’intérêt. Depuis, Gilles Le Hello a repris le flambeau, attirant l’attention du SRA du Limousin.

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 Exemples de Glénic et de Toulx-Sainte-Croix
Les archéologues ont, ces dernières années, déterminé que l’édifice religieux a subi différentes modifications au fil du temps. Aujourd’hui, Jacques Roger se réjouit, bien sûr, de l’avancée des connaissances, avec, par exemple, cet été, la découverte d’un silo recoupant une tombe. Il s’agit aujourd’hui d’en déterminer la datation, de savoir s’il se situe entre l’église mérovingienne et celle des XIe et XIIe siècles ou à une période d’abandon du site. On sait que, à Glénic et à Toulx-Sainte-Croix, des silos de stockage ont été intégrés aux églises.

Le parvis et le cimetière sud constitueront les objectifs principaux de l’année 2016. Tout laisse penser que Saint-Hilaire deviendra l’un des principaux sites archéologiques du Limousin qu’il va falloir protéger et valoriser. Et faire vivre aussi.

Robert Guinot Centre France presse.

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